Il y a quelque temps, Le Monde a publié une critique incendiaire du dernier disque de Jean-Michel Jarre (NDLR: Electronica volume 1). Intitulée « Histoire d’une imposture », elle est signée par un journaliste maison, Stéphane Davet, qui n’a pas de mots assez durs pour fustiger les œuvres et l’attitude du musicien qu’il prend pour cible. En tant qu’universitaire consacrant une bonne partie de ses recherches à la question du jugement de goût, je vois dans cette critique une occasion de rappeler deux ou trois éléments d’épistémologie très simples.
Jean-Michel Jarre, qui est connu dans le monde entier où il a vendu des millions de disques, n’a certes pas besoin que l’on prenne sa défense ; par ailleurs son œuvre est si méprisée par les journalistes musicaux un tant soit peu hype qu’il a certainement dû développer une insensibilité à ce genre de petites coupures – le problème de la cicatrisation, à ce stade de célébrité, ne se pose même plus. Non, l’important sera plutôt de revenir ici sur les stratégies discursives dont s’est servi le journaliste pour descendre en flammes ce qui lui a déplu. Lire la suite